L'Ego dans la poche / #ChroniquesDunNanar

Comme vous le savez, ou comme vous pouvez le relire par là, j'ai mis le point final à un roman au mois de mars. Jusque là, rien de très original, nous sommes nombreux en France à tenter l'expérience de l'écriture et à nous confronter à l'épineux milieu éditorial.

Moi-même curieuse il y a quelques mois encore de la façon dont se poursuit l'aventure une fois un texte terminé mais pas encore édité, je me suis dit que ça vous intéresserait sûrement de savoir comment ça se passe de mon côté.

Dans ce périple, soyons clairs, point de place pour un ego surdimensionné. Ici tout va bien, je sais que je n'ai pas écrit un Goncourt, ah ah ! Malgré tout, il faut savoir glisser son ego dans sa poche et accepter les refus et la critique.


L'aiguille dans la botte de foin

Envoyer son texte à un éditeur équivaut à peu près à jouer au loto ! Les maisons d'édition reçoivent une quantité de manuscrits relativement phénoménale. On le sait. Et parfois, on l'éprouve : Albin Michel  a l'amabilité d'envoyer aux auteurs un accusé de réception ainsi qu'un numéro de suivi. Je porte le numéro 89 mille et des brouettes, pour vous donner une idée. Autant ne pas se leurrer, la chance d'avoir écrit quelque chose de pas trop mauvais ET d'être repéré est de l'ordre de l'infime.
Sans parler du handicap d'être une anonyme de province !


Retrouvée momifiée devant sa boîte aux lettres

Essayer de faire publier son texte, c'est long. TRÈS LONG. 
Rares sont les éditeurs qui annoncent un délai de réponse de moins de trois mois. Certains donnent la couleur : le délai peut s'étendre à un an, au-delà duquel un silence vaut un refus.
Il faut faire preuve de patience !!!

Alors que j'ai effectué 12 envois début mars, les refus commencent à arriver de mon côté. Je peux vous donner les délais de réponse à titre indicatif :

Denoël (envoi par mail) : au bout de 11 jours, j'ai reçu une espèce de refus masqué sous la forme d'une redirection vers un concours d'écriture sponsorisé par la MatMut...

Plon (envoi par mail) : refus non argumenté après 21 jours. 

Gallimard (envoi papier) : refus non argumenté après 1 mois et 3 semaines

Le Dilettante (envoi papier) : refus argumenté après 1 mois et 3 semaines


Dans la vie, soit on gagne, soit on apprend !

Evidemment, se faire jeter n'est pas la chose la plus agréable du monde. L'ego prend un petit coup, c'est tout à fait normal. 
En ce qui me concerne, j'ai appris à me détacher un peu. Je suis consciente que les refus et les critiques portent sur un travail que j'ai fourni, et pas sur ma personne. Par conséquent, ma confiance en moi ne s'en trouve pas affectée. J'ai apprivoisé l'échec ces dernières années, j'en ai tiré des leçons : on n'apprend pas grand chose quand on réussit du premier coup, les erreurs et les loupés en revanche apportent toujours un apprentissage.

J'ai également pris du recul sur mon texte, j'en connais les faiblesses. J'ai voulu tenter les gros éditeurs pour ne pas avoir de regret, mais je ne me fais pas trop d'illusions de ce côté.

Je pense réellement que mon roman peut trouver son public, j'ai eu des retours positifs de lecteurs, alors je ne baisse pas les bras et je me recentre sur les éditeurs plus petits, en ciblant bien les lignes éditoriales. Je poursuis les envois, parce que porter un texte à bout de bras est un travail qui se poursuit bien après le point final (et bien après l'acceptation par un éditeur, comme le raconte très bien Cristina sans H). 

Néanmoins, je n'oublie pas qu'y croire, c'est avoir fait la moitié du chemin !

Commentaires

  1. Effectivement ça ne doit pas eêtr facile à accepter ! Mais bon même JK Rowling s'est pris pas mal de refus alors forcément...
    Bon courage pour ce passage pas facile, et merci de partager tout ca !

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    Réponses
    1. Merci ! En réalité, ce passage n'est pas difficile au bout du compte :-) C'est un apprentissage !

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